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L'auditeur et le non-verbal : comment détecter une information retenue ?

  • 13 avr.
  • 2 min de lecture

« Il ne m'a rien dit de faux. » Combien d'auditeurs ont prononcé cette phrase après un entretien, avec ce sentiment tenace qu'une information essentielle leur avait glissé entre les doigts ? La parole n'est qu'une partie du message. Le corps parle en même temps — et parfois, il dit autre chose.

Voici ce que l'observation du comportement non-verbal peut apporter à votre pratique d'entretien.

Une mise en garde d'abord

L'objectif n'est pas de démasquer un mensonge. Personne ne peut affirmer, à partir d'un geste seul, qu'un interlocuteur ment. Ce que permet l'observation, c'est de détecter une tension non verbalisée — et de poser la bonne question au bon moment. Un signal comportemental est une invitation à creuser, pas une preuve.

Cinq signaux à observer

Les gestes d'auto-contact. Se toucher le visage, le cou ou les mains juste après une question sensible : le système nerveux répond à un inconfort que le discours ne traduit pas encore.

Le regard détourné à la réponse. Pertinent non pas isolément, mais quand il apparaît systématiquement sur certains sujets et pas sur d'autres.

La micro-pause. Une question simple, une réponse qui tarde de deux ou trois secondes : le cerveau traite quelque chose de plus complexe que la question ne le suggère.

Le sourire incomplet. Le sourire authentique engage les muscles autour des yeux (sourire de Duchenne). Quand seule la bouche sourit juste avant une réponse, c'est souvent un signal de gêne.

Les micro-expressions de fuite. Ces émotions traversent le visage en moins d'un quart de seconde avant tout contrôle conscient. Leur lecture se travaille, mais l'œil exercé les capte.

Illustration : regardez cette séquence

Le 18 septembre 2011, 14 jours après son retour en France, Dominique Strauss-Kahn est l'invité de Claire Chazal. Dans mon analyse publiée sur ce blog, observez particulièrement les 30 premières secondes de chaque réponse : le décalage entre la maîtrise du discours et ce que le corps laisse filtrer est saisissant.

Ce que vous allez observer : une micro-pause systématique avant les réponses sensibles, des gestes d'auto-contact vers le bas du visage, et un regard qui quitte l'interlocutrice au moment exact où le contrôle s'intensifie. Ce n'est pas un cas d'école : c'est ce que vous rencontrez, à une échelle différente, dans tout entretien d'audit où l'audité protège quelque chose.

Quoi faire avec ce que vous observez ?

Détecter un signal ne sert à rien si vous l'exprimez à voix haute. La réponse, c'est la reformulation silencieuse : vous restituez ce que l'audité vient de dire, et vous ouvrez l'espace.

Audité : « Les contrôles ont été effectués conformément à la procédure. »

Auditeur : « Conformément à la procédure… Et à quelle fréquence ont-ils été documentés ? »

Pas d'accusation. Une invitation. Et souvent, une réponse plus complète.

L'observation du non-verbal ne remplace pas le questionnement. Elle vous indique poser la prochaine question.

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